Le procédé de réédition d'ARTVAL : l'impossible rendu possible
Découvrez le cheminement unique qui nous a menés à recréer l'œuvre magistrale de Jean-Jacques Audubon. Un processus où la technologie numérique rencontre l'artisanat d'excellence pour une fidélité inégalée.

L’impossible réédition : un défi historique
Les rééditions précédentes des « Oiseaux d’Amérique », notamment celles dites d'Abbeville et d'Amsterdam au format Double Éléphant, n’étaient que des reproductions sur papier couché. Ce constat est dû à l'emploi exclusif du procédé d'impression Offset au XXème siècle. En effet, l'image imprimée était alors composée de minuscules points colorés, satisfaisant pour une reproduction à grand tirage, mais en aucun cas comparable à l'original vis à vis de la finesse du dessin et de la qualité du papier.
Face à ce constat l'Institut de France, en 1987, qui possédait un ouvrage original complet, a tenté des essais de réédition en utilisant les techniques d'impression de l'époque d'Audubon. Cependant, les plaques de cuivre d’Audubon, utilisées pour son édition originelle étaient trop usées. Ils ont alors décidé de faire regraver les estampes sur de nouvelles plaques de cuivre pour l'impression en noir et de colorier à la main chaque estampe, comme autrefois. Ce fut un échec sans suite, avec seulement 4 estampes reproduites. Rappelons que Robert Havell, le graveur d’Audubon, et son équipe de 40 coloristes ont mis 10 ans à produire les 200 exemplaires de l’ouvrage, composés de 87 000 estampes. Un travail titanesque d’une autre époque !

Le savoir-faire au service de l'authenticité
La solution pour une réédition et non une reproduction est venue avec le saut technologique représenté par l’avènement du numérique, avec le scanner haute définition, la retouche, la calibration et l’impression jet d’encre. Ces avancées ont permis d’obtenir une image imprimée qui conserve le flux naturel du pinceau en couleur et le trait noir de la gravure originelle. Les dix-huit mille jets d’encre de la tête d’impression 12 couleurs ont ainsi remplacé les 40 coloristes d'antan.
Une matière première haut de gamme
Le papier aquarelle 310 g/m2 de chez Hahnemühle (Moulin du Coq) le plus ancien papetier Allemand, est fabriqué à la cuve sur forme ronde traditionnelle avec un couchage optimisé pour les applications Fine-Art. Exempt d’azurants optiques, ce papier en coton blanc sans acide ni lignine, répond aux exigences les plus élevées en matière de conservation. Le couchage mat de haute qualité garantit un excellent résultat d’impression jet d’encre avec un rendu des couleurs et des détails impressionnants, ainsi qu’un noir intense.

La perfection, sans compter le temps
La seule limite à cette mise en œuvre est le temps nécessaire à son exécution. Même si c’est l'imprimante qui travaille, il faut compter 15 minutes pour tirer une estampe. Mais il s’agit bien là d’atteindre le sublime où le temps ne compte pas. C’est l’analogie entre la Haute Couture et le prêt-à-porter : nos rééditions sont une œuvre d'art minutieuse, d'une fidélité impressionnante aux originaux, où la richesse des couleurs et la texture authentique émerveillent. Ce niveau de détail et de précision est ce qui nous a valu la médaille d'or du Grand Prix de la Créativité Luxe pour « les plus beaux objets imprimés ».
Des écrins pour les estampes
Les estampes sont soient reliées entre elles dans des livres cousus main avec des couvertures plein cuir, soit disposées dans des livres-coffrets de tel sorte qu'elles puissent être libres de leur écrin.
Un meuble bibliothéque dédié
Sous la forme d'une commode ce meuble en bois massif permet à la fois de ranger et de protéger les livres et même de les consulter sur le plateau.
La restitution patrimoniale
L’analogie avec la grotte Chauvet
Restituer l’inaccessible, transmettre l’émotion de l’original
Comment permettre au plus grand nombre de découvrir un chef-d’œuvre devenu inaccessible, sans mettre en danger l’original ?
C’est la question à laquelle répond la Grotte Chauvet 2 – Ardèche. La grotte originelle, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, ne peut être ouverte au public pour des raisons évidentes de conservation. Sa réplique immersive offre pourtant au visiteur une expérience saisissante : celle d’entrer, presque physiquement, dans l’un des premiers grands chefs-d’œuvre de l’humanité. Le site officiel rappelle que la Grotte Chauvet 2 est aujourd’hui la plus grande réplique de grotte ornée dans le monde et qu’elle restitue les 8500 m² de chefs-d’œuvre de la grotte originale sur un parcours de 3 000 m².
Cette restitution n’est pas une simple reproduction décorative. Elle relève d’une démarche scientifique, artistique et technologique. À partir des originaux numérisés, le relief des parois a été restitué au millimètre près ; les peintures, gravures, représentations majeures, ainsi que les éléments paléontologiques et géologiques essentiels, ont été traités à l’échelle 1. La grotte originale est sauvegardée ; l’émotion, elle, est transmise.
La restitution patrimoniale
"Les Oiseaux d’Amérique"
Même logique, même exigence, même ambition